Diffuser la pensée religieuse via les navigateurs d’Internet

C’est à la fin de l’année 2012 que nous avons sauté le pas et opté pour l’édition de livres sur navigateurs, à l’instigation de Menahem Macina, l’auteur qui inaugure nos publications. Comme lui, nous étions intrigués par le concept qu’il venait de découvrir et auquel il nous avait sensibilisés avec enthousiasme, celui du webbook, (littéralement: livre Web), ou livre sur navigateur [1], et nous avons suivi attentivement les débats, souvent passionnés, à ce propos.

Après avoir pris contact avec Hugh McGuire, le créateur canadien de PressBooks, outil de création de livres sur Internet, M. Macina a estimé que, comme la marche se prouve en marchant, le mieux à faire pour vérifier l’efficacité du procédé était de l’appliquer à ses propres livres. «Plus je l’utilise», nous avait-il confié alors, «plus je suis impressionné par ses performances et par sa grande facilité d’emploi».

Le seul fait – extrêmement important à ses yeux (comme aux nôtres d’ailleurs) -, que tout livre mis en ligne par ce procédé peut être enrichi de liens permettant aux lecteurs d’accéder, d’un simple clic, à des contenus Web susceptibles de fournir des explications de termes, ainsi que d’illustrer et de mettre en contexte les faits et les idées exposés dans ces ouvrages, est apparu si fécond et si concluant à M. Macina, qu’il a mis en ligne ses ouvrages sous forme de « webbooks » (ou: livres sur le Web). Nous recommandons la lecture de ses réflexions à ce sujet, telles qu’elles figurent dans deux chapitres d’introduction à son premier livre sur navigateur La pierre rejetée par les bâtisseurs, dont nous assurons l’édition, intitulés: «Manifeste pour un autre accès au savoir, en général, et à la connaissance religieuse, en particulier», et «Notes et liens : mode d’emploi».

Plus tard, suite à un échange mail avec Hugh McGuire, M. Macina a compris que Pressbooks n’assurait pas l’édition proprement dite de livres électronique et, sur le conseil de McGuire lui-même, a opté pour le projet Smashwords de Mark Coker [2].

Un mot sur le nom de Tsofim. C’est la forme plurielle du mot hébreu tsofeh, qui signifie « guetteur », ou « sentinelle ».  Ce thème est récurrent dans les Écritures. Les prophètes en ont fait la métaphore de la vigilance dont ils doivent faire preuve pour préserver leur peuple de l’apostasie. Comme la sécurité d’une nation dépend de ses guetteurs, celle du peuple de Dieu dépend de ses prophètes. L’ingrate – et parfois dangereuse – charge qui leur incombe, de préserver le peuple de l’infidélité envers Dieu, leur impose l’obligation d’avertir sans cesse leurs coreligionnaires et de les réprimander, le cas échéant, afin qu’ils ne meurent pas de leurs péchés.

Tels sont les auteurs que Tsofim se propose d’éditer. Hantés, à l’instar des prophètes de jadis et à leur modeste niveau, par le délitement de la foi (cf. Lc 18, 8) et le  refroidissement de la charité des chrétiens (Cf. Mt 24, 12),  leur conscience les pousse à mettre en garde leurs coreligionnaires. Ils ne peuvent se taire indéfiniment quand Dieu parle (cf. Am 3, 8). Aussi confient-ils leur souci à leur entourage. Ce faisant, ils dérangent, voire scandalisent, parce qu’ils expriment des conceptions qui ne sont pas au goût du jour, ou ne correspondent pas aux orientations considérées comme normatives par les décideurs en matière d’édition religieuse chrétienne et juive. Les Éditions Tsofim accueilleront les textes de ces auteurs qui ont du mal à trouver éditeur, pourvu qu’ils ne se prennent pas pour des prophètes et acceptent de se soumettre au discernement de notre comité de rédaction et de ses conseillers.

Pour leur part et en retour, ces auteurs se conformeront à la politique éditoriale des  éditions  Tsofim, consistant à mettre en ligne sur le Net  le contenu intégral de chaque oeuvre qu’elles publient, pour permettre aux internautes d’en prendre connaissance. Ceci en application de la doctrine  de l’accès libre et gratuit des lecteurs à l’information écrite et audiovisuelle, prônée par des auteurs tels Hugh McGuire qui n’hésitait  pas à prédire en 2012: «La distinction entre le livre et l’Internet est totalement arbitraire et va disparaître d’ici cinq ans». 

Un excursus détaillant les modalités, les avantages et les inconvénients (minimes, on le verra) de ce mode révolutionnaire d’édition est en cours de rédaction.


  1. Voir : “Books in Browsers 2012: A Publishing Industry Rushing into the Future”, et, en français, «Des livres aux navigateurs : des liens pour faire des ponts».
  2. Voir l'interview de Coker, par Florian Rochat; et la présentation pratique du projet sur le Blog Marie-Bo Solutions

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